Sommaire
Une prise connectée avec suivi de consommation mesure en watts et en kWh ce que tire l'appareil qui y est branché, et peut le couper à heure fixe ou à distance. Elle consomme elle-même 0,64 W à 1,64 W selon la fiche du Tapo P110, si bien que sur un décodeur ou une box le gain net reste de quelques euros par an : son vrai intérêt est de mesurer, pour trouver les rares appareils dont la veille ou l'oubli coûte cher.
Ce guide dit ce que la mesure vaut, ce que la prise consomme, ce que pèsent les appareils du salon et du bureau, et où la prise rapporte vraiment. Il fait partie de notre thème maison connectée.
Que mesure une prise connectée, et avec quelle précision ?
Une prise de ce type s'intercale entre la prise murale et l'appareil. Elle mesure la puissance instantanée en watts et cumule l'énergie en kWh, que l'application affiche. La fiche du Tapo P110 parle de « suivi de consommation » ; celle du Shelly Plug S MTR Gen3, d'une mesure de puissance avec protection contre la surchauffe.
Sur les fiches que nous avons relues, ni l'une ni l'autre ne publie de précision de mesure. Contrôlez la vôtre avec une charge dont la plaque indique la puissance, comme une bouilloire : la valeur affichée doit en être proche. Une mesure approximative suffit pour classer vos appareils.
Combien consomme la prise elle-même ?
La prise est un petit appareil électronique, toujours alimenté. Le Tapo P110 consomme 1,64 W quand l'appareil branché fonctionne et 0,64 W quand il est coupé. Le Shelly Plug S MTR Gen3 reste sous 1 W. Sur une année entière, 1,64 W représentent environ 14 kWh, soit près de 3 € au prix du kWh du Tarif Bleu Base (0,2001 €/kWh).
Ce n'est pas négligeable face à ce qu'elle prétend couper. Retenez la règle simple qui en découle : une prise connectée qui coupe la veille d'un appareil ne rapporte que si cette veille dépasse environ 1 W.
Veille : ce que pèsent vos appareils courants
L'ADEME publie la consommation annuelle moyenne des appareils des logements français. La coupure par prise ne concerne qu'une partie de ces chiffres, la veille, mais ils situent l'enjeu.
| Appareil | Consommation annuelle moyenne | Coût annuel |
|---|---|---|
| Box internet, allumée 22 h par jour | 95 kWh/an | 19 € |
| Décodeur TV, 2 h par jour | 45 kWh/an | 9 € |
| Téléviseur, 6 h par jour | 155 kWh/an | 31 € |
| Console de jeux | 100 kWh/an | 20 € |
| Ordinateur fixe avec écran, 3 h 54 par jour | 140 kWh/an | 28 € |
L'ADEME conseille, pour le salon, de brancher les appareils sur une multiprise à interrupteur qu'on éteint la nuit ou en l'absence. Une prise connectée fait le même travail pour un appareil, avec la programmation en plus.
Où une prise connectée fait vraiment économiser
Mesurer avant d'agir. Branchez la prise, éteignez l'appareil, lisez les watts. En quelques minutes, vous savez si la veille du téléviseur, de l'ampli ou de l'imprimante tire un watt ou dix. Laissez-la une semaine sur le coin TV, puis sur le bureau : l'historique en kWh désigne le prochain appareil à traiter.
Couper ce qui consomme beaucoup à vide. Le gain croît avec la veille : à 10 W, la prise économise 13 € par an dans notre exemple, à 20 W, 28 €. Seule la mesure vous dit dans quelle catégorie vous êtes.
Décaler un usage vers les heures creuses. Un déshumidificateur, un chargeur de vélo ou un appareil sans programmateur peut démarrer à l'heure creuse de votre compteur. Notre guide sur les heures creuses 2026 donne la règle, et celui sur les heures creuses du Linky explique comment vérifier vos plages. Une offre à heures super creuses ajoute une plage encore moins chère, si elle convient à votre profil.
Automatiser avec un système domestique. Une prise qui remonte la puissance dans Home Assistant peut déclencher une action quand l'appareil s'arrête, par exemple couper le chargeur une fois la charge finie.
Comment faire un relevé utile en une semaine
Une semaine de mesure suffit pour classer vos appareils. Procédez en trois temps.
La veille. Éteignez l'appareil, attendez une minute, notez la puissance affichée. C'est ce chiffre qui décide si la prise vaut le coup, d'après le tableau plus haut.
Un cycle. Pour un lave-linge ou un lave-vaisselle, relevez les kWh d'un cycle complet. L'ADEME donne 85 kWh/an en moyenne pour un lave-linge de 8 kg, à raison de 198 cycles/an, soit environ 0,43 kWh par cycle. Un cycle bien plus gourmand désigne un programme trop chaud ou un appareil ancien.
Le coût. Multipliez les kWh par le prix : 0,43 kWh au Tarif Bleu Base (0,2001 €/kWh) coûtent environ 9 centimes. Décalé d'une heure pleine (0,2142 €/kWh) à une heure creuse (0,1589 €/kWh), le même cycle économise environ 2 centimes. À cette échelle, les petits appareils ne justifient pas de bouleverser vos habitudes ; les gros postes, comme le ballon d'eau chaude ou la voiture électrique, oui.
Les limites : puissance, type de charge et connexion
La puissance maximale est une limite stricte. Le Tapo P110 supporte 3 680 W, soit 16 A. Le Shelly Plug S MTR Gen3 supporte 2 500 W, soit 12 A, une valeur donnée pour une charge résistive, celle d'un appareil qui chauffe ; sa fiche admet aussi les moteurs et les alimentations électroniques, sans chiffrer leur limite. Vérifiez la plaque de l'appareil avant de brancher. Pour un appareil de chauffage, qui sollicite la prise pendant des heures, préférez un thermostat ou un programmateur dédié, comme dans notre guide sur le radiateur connecté, et n'utilisez jamais de rallonge ni de multiprise.
Ce qu'il ne faut pas couper. Ne programmez jamais la coupure d'un réfrigérateur ou d'un congélateur, ni celle d'un appareil dont la veille sert à quelque chose : un décodeur qui enregistre, une box dont dépend la téléphonie. Un ballon d'eau chaude est câblé au tableau : il se pilote par le contacteur relié au compteur, comme l'explique notre guide sur les heures creuses du Linky, pas par une prise.
La connexion. Le Tapo P110 ne se connecte qu'en Wi-Fi 2,4 GHz : vérifiez que votre box émet sur cette bande. Le Shelly Plug S MTR Gen3 peut fonctionner seul sur le réseau local ou passer par un service cloud : c'est un critère si vous ne voulez pas dépendre d'un serveur.
Prise connectée ou Linky : lequel pour mesurer ?
Votre Linky affiche déjà ce qu'il faut pour un premier diagnostic. Son écran donne la puissance apparente, ce que vos appareils tirent à l'instant, ainsi que la puissance maximale atteinte dans la journée en cours, en VA. Éteignez tout ce qui s'éteint, laissez le réfrigérateur et la box, puis lisez la puissance apparente : c'est le plancher permanent de votre maison.
La prise répond à la question suivante : quel appareil explique ce plancher. Le Linky mesure le logement entier, la prise un appareil. Les deux se complètent, et le premier est gratuit.
Que vérifier avant d'acheter
- La puissance maximale de la prise face à la plaque de l'appareil, avec de la marge.
- La consommation propre, publiée sur la fiche : sous 1 W, la prise reste utile sur des veilles modestes.
- La mesure d'énergie cumulée en kWh avec historique, pas seulement les watts instantanés.
- La connexion : Wi-Fi 2,4 GHz, Zigbee ou Matter, et le fonctionnement sans cloud si vous utilisez un système domestique local.
- La nature de la charge : résistive, ou moteur et alimentation électronique, que certaines prises supportent moins bien.
Les pièges à éviter
Multiplier les prises. Chaque prise ajoute sa consommation. Quinze prises consomment ensemble de 10 à 25 W en permanence selon qu'elles coupent ou non leur appareil, soit de 85 à 215 kWh par an, l'équivalent d'une à deux box internet. Équipez les appareils qui le justifient.
Croire à une économie automatique. La prise ne fait rien gagner seule : elle gagne si vous coupez un appareil qui consomme, et si vous le faites vraiment.
Oublier la sécurité. Aucune prise connectée ne supporte une charge supérieure à sa fiche. Ne l'enchaînez pas avec une multiprise, surtout pour un chauffage, et ne la cachez pas derrière un meuble.
Questions fréquentes
Quelle est la consommation d'une prise connectée ?
Elle est faible mais non nulle : la fiche du Tapo P110 indique 1,64 W quand l'appareil branché fonctionne et 0,64 W quand il est coupé, celle du Shelly Plug S MTR Gen3 moins de 1 W. En continu, 1,64 W représente environ 14 kWh par an, soit près de 3 € au Tarif Bleu Base. Elle s'ajoute à celle de l'appareil.
Une prise connectée fait-elle vraiment économiser de l'électricité ?
Seulement sur un appareil dont la veille dépasse environ 1 W, car la prise consomme elle-même. Sur une box coupée huit heures par nuit, le gain net est de l'ordre de 23 kWh par an, soit moins de 5 €. Son vrai intérêt est de mesurer, pour repérer les appareils qui coûtent cher, puis d'agir sur ceux-là.
Quelle puissance maximale peut supporter une prise connectée ?
Celle de sa fiche technique : 3 680 W, soit 16 A, pour le Tapo P110, et 2 500 W, soit 12 A, valeur donnée pour une charge résistive, pour le Shelly Plug S MTR Gen3. Ne dépassez jamais la valeur inscrite sur la prise, et évitez de l'enchaîner avec une multiprise ou une rallonge.
Prise connectée ou multiprise à interrupteur ?
La multiprise à interrupteur coupe la veille d'un bloc d'appareils pour quelques euros, et c'est le conseil de l'ADEME : l'éteindre la nuit ou en l'absence. La prise connectée apporte en plus la mesure en watts, la programmation et la commande à distance. Pour seulement supprimer la veille du salon, la multiprise suffit.
La prise connectée fonctionne-t-elle sans Internet ?
Cela dépend du modèle. Le Shelly Plug S MTR Gen3 peut fonctionner seul sur le réseau Wi-Fi local ou passer par un service cloud, selon sa documentation. Le Tapo P110 se pilote avec son application et se connecte en Wi-Fi 2,4 GHz. Vérifiez sur la fiche si la programmation continue sans connexion.
Peut-on brancher un radiateur sur une prise connectée ?
À éviter dans la plupart des cas. Un radiateur d'appoint de 2 000 W approche la limite des prises (2 500 W en charge résistive pour le Shelly Plug S) et la sollicite pendant des heures. Si vous le faites, branchez la prise directement au mur, jamais sur une rallonge. Un chauffe-eau fixe, lui, est câblé au tableau et ne se pilote pas par prise.
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