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Box domotique Home Assistant Green posée sur une étagère à côté du compteur Linky équipé d’un module de téléinformation LiXee ZLinky, dans le cellier d’un pavillon.
Guides

Home Assistant : suivre son solaire et sa consommation

Home Assistant pour suivre production solaire et consommation : ce qu'il mesure, comment brancher Linky et onduleur, les automatismes utiles et ses limites.

Mis à jour le 20 octobre 2026 · 13 min de lecture

Scène générée par IA (Nano Banana Pro, Paper) à partir de photos de produits réels ; elle ne montre pas une installation réelle.

Sommaire

Oui, Home Assistant permet de suivre sa production solaire et sa consommation sans être développeur : ce logiciel de domotique libre et gratuit, installé chez vous, réunit sur un même écran la production des panneaux, la consommation de la maison, ce qui part sur le réseau et ce qui en vient. Il ne fait rien économiser à lui seul ; il sert à voir quand vous injectez un kWh payé 1,1 c€/kWh, puis à confier à des appareils le soin de le consommer à la place d'un kWh acheté 0,20 €/kWh.

Le reste du travail consiste à choisir la bonne source de données et les deux ou trois automatismes qui comptent. Ce guide les passe en revue, pour un propriétaire et non pour un informaticien. Il fait partie de notre thème maison connectée.

Home Assistant : ce qu'il mesure, et ce qu'il ne fait pas

Le tableau de bord énergie classe tout en trois familles : ce que vous consommez, ce que vous produisez, ce que vous stockez. Il accepte l'électricité du réseau, dans les deux sens, les panneaux solaires, une batterie domestique, le gaz, l'eau et la consommation d'appareils individuels. Une intégration de prévision solaire peut y ajouter la production attendue, et servir de déclencheur à des automatismes.

L'application de votre onduleur montre souvent une partie de ces données. Home Assistant apporte deux choses qu'elle n'a pas : il croise des appareils de marques différentes, et il agit. C'est la seconde qui compte.

Ce que rapporte un kWh déplacé

Depuis le 5 juin 2026, le surplus d'une installation dont la demande de raccordement a été déposée à partir de cette date est racheté 1,1 c€/kWh. Le kWh que vous achetez au réseau coûte 0,20 €/kWh au Tarif Bleu en Base. Un kWh consommé chez vous au lieu d'être injecté vous fait donc gagner presque tout le prix d'achat.

Le corollaire est moins agréable : si votre installation est petite, que la maison est vide en journée et que rien n'est pilotable, Home Assistant vous montrera surtout de jolis graphiques.

Relier ses panneaux solaires : la passerelle de l'onduleur

C'est souvent la source la plus simple. Une partie des onduleurs exposent leurs données, et Home Assistant en lit beaucoup par des intégrations dédiées. Exemple documenté : l'intégration de la passerelle Enphase lit en local la production et, si la passerelle est équipée de tores de mesure, la consommation et les échanges avec le réseau, ainsi que l'état d'une batterie ; le nuage du fabricant ne sert qu'à obtenir un jeton d'accès.

Passerelle Enphase IQ Gateway fixée au mur du garage à côté de la gaine technique avec compteur Linky, disjoncteur de branchement et tableau Legrand.
Souvent la source la plus simple : avec une passerelle Enphase, Home Assistant lit en local la production, et la consommation si elle est équipée de tores de mesure. — Scène générée par IA (Nano Banana Pro, Paper) à partir de photos de produits réels ; elle ne montre pas une installation réelle.

Vérifiez la page de l'intégration de votre marque avant d'acheter quoi que ce soit, et posez la question à l'installateur avant la pose : l'accès local aux données de l'onduleur se négocie plus facilement sur le devis qu'après.

Home Assistant et compteur Linky : la téléinformation

Le Linky dispose d'une sortie de téléinformation client, sous le cache-bornes qui vous est accessible : deux bornes pour les données, une troisième pour alimenter un petit récepteur. Un module branché là transmet en continu les index, la puissance appelée, la période tarifaire en cours et, en option Tempo, la couleur du lendemain.

Une main enfiche un module LiXee ZLinky_TIC dans les bornes de téléinformation, sous le cache inférieur d’un compteur Linky.
Le module se branche sous le cache-bornes accessible au client et transmet en continu index, puissance et période tarifaire, sans toucher aux parties scellées du compteur. — Scène générée par IA (Nano Banana Pro, Paper) à partir de photos de produits réels ; elle ne montre pas une installation réelle.

Piège : le compteur sort d'usine en mode « historique », qui reproduit les trames des anciens compteurs et ne transmet pas l'énergie injectée. Le mode « standard », plus rapide, ajoute l'injection et la puissance injectée, mais seul Enedis peut changer ce réglage. Pour un producteur, c'est la différence entre voir sa consommation et voir son bilan.

La période tarifaire en cours est précieuse depuis la réforme des heures creuses : vos plages peuvent changer avec la saison, et un automatisme qui lit le compteur suit le changement sans reprogrammation.

Pinces ampèremétriques et prises connectées

Les pinces au tableau. Quand le compteur et l'onduleur ne se lisent pas, des capteurs à pince autour des câbles mesurent les flux de la maison entière ou d'un circuit. La documentation de Home Assistant prévient qu'il faut ouvrir le tableau électrique et confier la pose à quelqu'un qui maîtrise le câblage, voire à un professionnel : faites-les poser par un électricien.

Les prises connectées avec mesure. Elles suivent un appareil branché sur une prise, réfrigérateur, lave-linge, poste informatique, et Home Assistant les affiche appareil par appareil dans le tableau de bord énergie. C'est le moyen le moins cher de découvrir où part votre consommation de base. Vérifiez l'intensité maximale indiquée sur la prise avant d'y brancher un appareil puissant, et ne vous en servez pas pour un radiateur ou un ballon d'eau chaude.

Commencez par la source la plus simple dont vous disposez, souvent la passerelle de l'onduleur, et ajoutez la téléinformation du Linky seulement si vous voulez la mesure du compteur lui-même. Deux sources qui disent la même chose compliquent les tableaux sans rien apprendre.

Installer Home Assistant sans être informaticien

Le projet recommande à la plupart des utilisateurs sa version « Home Assistant OS », qui comprend le système et ses mises à jour. Elle existe préinstallée sur un boîtier vendu par le projet, ou à installer sur un Raspberry Pi 4 ou 5 doté d'au moins 2 Go de mémoire, ou sur un mini-ordinateur. La version en conteneur est réservée à ceux qui savent gérer eux-mêmes les mises à jour.

Le reste se fait dans des menus : ajouter les intégrations, choisir dans le tableau de bord énergie quel capteur représente le réseau, les panneaux ou la batterie. Les capteurs doivent compter de l'énergie en kWh ; s'ils ne donnent qu'une puissance en watts, Home Assistant sait l'intégrer dans le temps.

Les automatismes qui rapportent

Le ballon d'eau chaude est la cible idéale : gros consommateur, stockage gratuit, horaire indifférent. Un relais commandé par Home Assistant le fait chauffer quand le surplus dépasse sa puissance. Faites poser le relais par un électricien, et gardez une chauffe de secours aux heures creuses pour les jours gris.

La voiture électrique, avec une borne pilotable, peut moduler sa charge selon le surplus. Notre guide sur la recharge solaire détaille les modes de pilotage.

Les jours rouges Tempo. La couleur du lendemain, lue sur le Linky, peut déclencher la veille au soir une baisse de consigne ou la coupure d'un appareil. C'est l'un des leviers qui rendent l'option Tempo gérable avec un chauffage électrique.

Le chauffage, enfin, se pilote mieux par sa propre régulation que par des coupures : sur une pompe à chaleur, Home Assistant doit changer une consigne, jamais couper l'alimentation. Notre guide pour choisir un thermostat connecté explique pourquoi, et celui sur l'obligation de régulation de 2030 ce que la régulation devra savoir faire.

Gestionnaire d'énergie ou Home Assistant : la question de la TVA réduite

Depuis le 1er octobre 2025, une installation photovoltaïque de 9 kWc au plus peut bénéficier de la TVA à 5,5 %, sous plusieurs conditions dont un système de gestion de l'énergie. La doctrine fiscale du 10 juin 2026 précise ce système : il collecte en temps réel production et consommation, pilote en continu au moins deux usages électriques, comme l'eau chaude ou le chauffage, et synchronise la consommation sur la production de façon autonome, sans intervention humaine. Une simple programmation horaire ne suffit pas.

Elle ajoute un point décisif pour Home Assistant : l'équipement doit intégrer ce système, ou être vendu dans une offre unique qui le comprend. Le système peut être logiciel ; ce qui compte, c'est qu'il soit fourni avec l'équipement, par le vendeur ou l'installateur. Une box que vous ajoutez vous-même après la pose ne rend pas l'installation éligible au taux réduit, et ne la rend pas inéligible non plus : elle n'entre simplement pas dans l'équation.

Les deux se complètent donc. Le gestionnaire d'énergie fourni avec l'installation remplit la condition fiscale et pilote les usages prévus ; Home Assistant peut venir ensuite, pour la mesure fine et les automatismes de votre choix, à condition que les deux ne commandent pas le même appareil. Les autres conditions sont détaillées dans notre guide sur les aides aux panneaux solaires.

Les pièges à éviter

Dépendre du nuage. Préférez les intégrations locales : une passerelle qui ne répond plus quand Internet tombe ne pilote plus rien.

Toucher au tableau soi-même. Relais de ballon, pinces et contacteurs relèvent d'un électricien. Home Assistant donne l'ordre ; il ne remplace pas une installation conforme.

Couper ce qui n'aime pas être coupé. Pompe à chaleur, climatisation et réfrigérateur supportent mal les coupures répétées ; pilotez leurs consignes.

Oublier la mise à jour. Un logiciel qui commande votre maison se maintient. Prévoyez une sauvegarde et une mise à jour régulière.

Estimez vos économies solaires

Questions fréquentes

Qu'est-ce que Home Assistant ?

Un logiciel libre et gratuit de domotique qui tourne chez vous, sur un petit boîtier dédié ou un mini-ordinateur, et non dans le nuage d'un fabricant. Il réunit dans une même interface les données de vos appareils, dont un tableau de bord énergie qui montre consommation, production solaire, échanges avec le réseau et batterie.

Comment relier son compteur Linky à Home Assistant ?

Le plus direct est un module de téléinformation, branché sur les bornes prévues à cet effet sous le cache-bornes client du Linky. Attention au mode du compteur : en mode historique, réglage d'usine, il ne transmet pas l'énergie injectée. Seul Enedis peut le passer en mode standard.

Home Assistant fait-il économiser de l'électricité ?

Pas par lui-même : il mesure. L'économie vient des automatismes que vous lui confiez, par exemple chauffer le ballon d'eau chaude ou recharger la voiture quand vos panneaux produisent plus que la maison ne consomme. Chaque kWh ainsi gardé chez vous évite un kWh acheté, bien plus cher que le surplus revendu.

Une prise connectée suffit-elle pour mesurer sa consommation ?

Pour un appareil branché sur une prise, oui : une prise connectée avec mesure suit un réfrigérateur, un lave-linge ou un poste informatique, et Home Assistant l'affiche appareil par appareil. Pour la maison entière, il faut une mesure au compteur ou au tableau, et un ballon d'eau chaude se commande par un relais posé par un électricien.

Home Assistant suffit-il pour la TVA à 5,5 % sur les panneaux solaires ?

Non, pas si vous l'ajoutez vous-même. La doctrine fiscale exige que l'équipement intègre un système de gestion de l'énergie, ou soit vendu dans une offre unique qui le comprend, capable de piloter en continu et de façon autonome au moins deux usages électriques. C'est l'offre du vendeur ou de l'installateur qui doit le prévoir.

Faut-il savoir programmer pour utiliser Home Assistant ?

Non pour l'essentiel. L'installation recommandée, Home Assistant OS, s'installe sur un boîtier prêt à l'emploi ou une carte, et la plupart des intégrations et automatismes se configurent par des menus. Il faut en revanche accepter de passer quelques soirées à paramétrer, et de maintenir le système à jour.