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La question se pose presque toujours dans le mauvais sens. On choisit une puissance, puis on découvre que la voiture ne la prend pas, ou que le compteur ne la supporte pas. Les deux plafonds sont indépendants de la borne, et ce sont eux qui décident.
Les deux plafonds qui ne se négocient pas
Le chargeur embarqué. Toute recharge sur une borne domestique passe par le convertisseur alternatif-continu installé dans la voiture. Sa puissance est une caractéristique du véhicule, pas de la borne. Beaucoup de modèles compacts sont monophasés et plafonnent à 7,4 kW ; certains sont triphasés et montent à 11 ou 22 kW. Une borne plus rapide que ce chiffre est du matériel payé pour rien.
La puissance souscrite. Une borne consomme en plus du logement, pas à la place. Si l'addition dépasse la puissance souscrite, le disjoncteur de branchement coupe.
Entre ces deux plafonds, la puissance de la borne est une variable ; hors d'eux, c'est une dépense.
Deux chiffres à relever avant de demander un devis : la puissance de charge en courant alternatif inscrite sur la fiche technique de votre voiture, et la puissance souscrite figurant sur votre facture d'électricité. Ils suffisent à éliminer la moitié des options.
Les puissances réellement disponibles
Une puissance de charge se déduit de la tension, du nombre de phases et de l'intensité : 230 V en monophasé, trois phases à 230 V en triphasé. Le tableau ci-dessous en donne les combinaisons usuelles, et le temps nécessaire pour passer de 20 % à 80 % de charge — l'intervalle que l'on recharge en pratique, celui où la voiture accepte le courant sans se ménager.
| Configuration | Puissance | Batterie 40 kWh | 60 kWh | 80 kWh | Autonomie rendue |
|---|---|---|---|---|---|
| Prise domestique 10 A | 2,3 kW | 11,6 h | 17,4 h | 23,2 h | 12 km/h |
| Prise renforcée 14 A | 3,2 kW | 8,3 h | 12,4 h | 16,6 h | 17 km/h |
| Borne 16 A monophasé | 3,7 kW | 7,2 h | 10,9 h | 14,5 h | 19 km/h |
| Borne 32 A monophasé | 7,4 kW | 3,6 h | 5,4 h | 7,2 h | 39 km/h |
| Borne 16 A triphasé | 11,0 kW | 2,4 h | 3,6 h | 4,8 h | 58 km/h |
| Borne 32 A triphasé | 22,1 kW | 1,2 h | 1,8 h | 2,4 h | 117 km/h |
Hypothèse d'autonomie : 17 kWh/100 km, consommation réelle mixte d'une compacte électrique. Toutes ces puissances relèvent de la recharge normale au sens réglementaire : le guide Enedis-SéQuélec définit un point de recharge normale comme « un point de recharge permettant le transfert d'électricité vers un véhicule électrique à une puissance inférieure ou égale à 22 kW/kVA ».
Le calcul que personne ne fait
Le bon critère n'est pas « en combien de temps la batterie se remplit-elle ? » mais « la nuit suffit-elle à rendre ce que j'ai consommé dans la journée ? ».

Le détail des trois solutions et de ce qu'elles exigent du tableau est dans notre guide sur la borne à domicile. C'est pour cette raison que le bon arbitrage se joue entre 3,2 et 7,4 kW pour l'immense majorité des foyers, et que 11 ou 22 kW relèvent d'un besoin particulier : deux voitures électriques, un gros rouleur, ou une installation photovoltaïque que l'on veut absorber en pleine journée.
Le piège du bridage
Pilotable plutôt que puissante
Le vrai choix n'est pas entre 7 et 11 kW, c'est entre une borne bête et une borne qui module.
Une borne pilotable mesure la consommation du logement et ajuste son courant en conséquence : la voiture charge à 7,4 kW quand la maison dort, à 2 kW quand le four et le lave-linge tournent, sans jamais faire sauter le disjoncteur. Elle permet aussi de programmer la charge sur les heures creuses et de la caler sur la production solaire. Enedis le formule simplement : le professionnel qualifié doit « définir la puissance électrique dont vous avez besoin pour la recharge, et si nécessaire, procéder à une augmentation de puissance ». Une borne pilotable est très souvent ce qui rend cette augmentation inutile.
L'arbitrage financier est asymétrique : le pilotage se paie une fois, l'augmentation de puissance souscrite se paie tous les mois, pendant toute la durée de vie de l'installation.
À vérifier — Au-delà de 3,7 kW, la pose relève d'une entreprise disposant de la qualification IRVE. La DGCCRF recommande de vérifier cette qualification auprès de l'AFNOR ou de Qualifelec avant de signer — et de vérifier celle de l'entreprise qui pose, pas seulement celle de l'enseigne qui vend.
Décider en trois questions
- Quelle puissance alternative accepte la voiture ? Si la réponse est 7,4 kW, tout ce qui est au-dessus est inutile.
- Le logement est-il en triphasé ? Sinon, 11 et 22 kW impliquent une modification de raccordement dont le coût dépasse presque toujours le bénéfice.
- Quelle fenêtre de charge ai-je réellement ? Huit heures de nuit suffisent largement pour un usage quotidien, même sur une prise renforcée.
Si ces trois réponses pointent vers 7,4 kW pilotable, c'est le choix par défaut pour une maison individuelle. La suite — les étapes concrètes, la visite technique et les mentions à exiger sur le devis — est dans notre guide sur l'installation d'une borne, et le détail des postes de coût dans celui sur le prix.
Estimez la recharge de votre véhicule
Questions fréquentes
Une prise renforcée suffit-elle ?
Pour un trajet domicile-travail ordinaire, oui. À 3,2 kW, huit heures de nuit rendent environ 23 kWh, soit 136 km — quatre fois le besoin quotidien d'un conducteur qui fait 12 000 km par an. Elle devient insuffisante dès qu'il faut rattraper un long trajet en une nuit.
Pourquoi 7,4 kW et pas 11 kW ?
Une borne de 11 kW utilise trois phases à 16 A. Une voiture qui charge sur une seule phase y reçoit généralement au maximum 3,7 kW, même si son chargeur accepte 7,4 kW. Pour atteindre 7,4 kW sur une phase, il faut 32 A disponibles, un câble compatible et un réglage adapté. Une borne triphasée de 22 kW peut fournir ces 32 A par phase.
Une borne de 22 kW recharge-t-elle plus vite ma voiture ?
Seulement si le chargeur embarqué l'accepte. Sur une voiture limitée à 7,4 kW en courant alternatif, une borne de 22 kW met exactement le même temps qu'une borne de 7,4 kW : 5,4 heures pour passer de 20 à 80 % d'une batterie de 60 kWh.
Faut-il passer en triphasé pour une borne de 11 kW ?
Oui. 11 kW correspond à 16 A sur trois phases. Si votre logement est en monophasé, le passage en triphasé est une modification du raccordement à demander au gestionnaire de réseau, avec un délai et un coût propres — souvent disproportionnés pour un usage domestique.
Une borne fait-elle disjoncter l'installation ?
Elle le peut. Une borne de 7,4 kW mobilise l'équivalent de 32 A ; sur un abonnement de 6 kVA, elle disjonctera dès qu'un autre gros appareil démarre. Une borne pilotable module sa puissance en fonction de la consommation du logement et évite le problème sans augmenter l'abonnement.
La puissance change-t-elle le rendement de la charge ?
Marginalement, et plutôt en faveur des puissances élevées : les pertes fixes (électronique, gestion thermique) sont étalées sur une durée plus courte. L'ordre de grandeur reste de 8 à 12 % de pertes entre le compteur et la batterie quelle que soit la borne.
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