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La batterie virtuelle ne stocke rien — physiquement. Votre surplus solaire continue d'être injecté sur le réseau, mais au lieu d'être revendu à EDF Obligation d'Achat, il est comptabilisé en crédits de kilowattheures par votre fournisseur, qui les déduit ensuite de votre consommation réseau. C'est une promesse contractuelle, pas un équipement : aucune batterie n'est posée chez vous.
Le concept séduit depuis que la revente du surplus s'est effondrée : 1,1 c€/kWh pour les contrats d'obligation d'achat ouverts depuis le 5 juin 2026 (arrêté du 1er juin 2026), contre 4 c€ pour une demande de raccordement déposée entre le 28 mars 2025 et le 4 juin 2026, et 12,69 c€ avant le 28 mars 2025. « Stocker » virtuellement son surplus et le récupérer quand on en a besoin vaut alors bien davantage que le vendre — à condition de comprendre la mécanique tarifaire et ce que vous abandonnez en quittant l'obligation d'achat.
Comment ça marche, concrètement
Souscrire une batterie virtuelle signifie changer de fournisseur d'électricité : l'opérateur du stockage devient votre fournisseur, gère la bascule (compteur Linky indispensable, aucune coupure) et remplace le contrat EDF OA. Le montage repose sur trois flux :
- Vous autoconsommez d'abord — l'électricité produite et consommée à l'instant T reste gratuite, comme dans toute installation en autoconsommation.
- Le surplus injecté est comptabilisé en kWh — il s'accumule sur un compte de stockage virtuel, visible sur votre espace client, au lieu d'être vendu.
- Quand vous consommez plus que vous ne produisez, vous « déstockez » — ces kWh ne sont pas facturés au prix de l'énergie, mais des frais d'acheminement et taxes sont appliqués par kWh déstocké, en plus de l'abonnement mensuel du service.
Point clé : un kWh déstocké n'est pas gratuit. Aux frais par kWh s’ajoutent des coûts fixes. Leur poids par kWh dépend du volume de crédits utilisé : comparez le coût annuel complet à celui de votre contrat actuel.
Ce que proposent les acteurs du marché
Voici deux exemples d’offres disponibles. Comparez toujours les conditions du contrat proposé à la date de souscription, y compris le prix de l’électricité achetée au fournisseur.
Urban Solar Energy affiche 299 € TTC d’activation et 1 € HT par kWc et par mois pour le service de stockage, soit 86,40 € TTC par an pour 6 kWc. S’y ajoutent les frais de déstockage, taxes et éventuelles composantes réseau. Utilisez la grille en vigueur pour votre option tarifaire : le prix du seul service ne représente pas la facture complète.
MyBattery de mylight150, dans sa grille applicable aux nouvelles souscriptions au 1er octobre 2026, coûte 1,90 € TTC par kWc et par mois : 136,80 € TTC par an pour 6 kWc. L’activation est de 279 € TTC et le déstockage de 0,10862 € TTC/kWh. La contribution autoproducteur est de 5,96 € HT par kVA souscrit et par an, soit environ 42,91 € TTC à 6 kVA. La date d’application aux contrats existants peut différer : vérifiez l’avis du fournisseur. MySmartBattery suit une autre formule, à comparer séparément.
Offres réservées au réseau Enedis de métropole continentale : les entreprises locales de distribution (ELD) sont exclues. Compteur Linky obligatoire.
Batterie virtuelle, batterie physique ou EDF OA : le vrai comparatif
Pour comparer au contrat d’achat, partez des kWh crédités que vous pourrez effectivement déstocker, pas de tout le surplus injecté. Multipliez-les par le prix d’achat évité, puis retranchez les frais de déstockage, le revenu de vente abandonné, l’abonnement de stockage et les autres surcoûts. Ajoutez l’activation la première année et comparez aussi le contrat de fourniture. Un faible solde positif peut disparaître si une partie des crédits expire ou reste inutilisée.

Face à la batterie physique, le virtuel gagne sur le ticket d'entrée — quelques centaines d'euros contre 5 000 à 10 000 € — et sur l'absence de matériel à entretenir ou remplacer. Il perd sur la souveraineté : vos crédits vivent et meurent avec votre contrat fournisseur, leur remboursement ou leur perte au départ dépend des conditions contractuelles. La batterie physique, elle, vous appartient et fonctionne quel que soit votre fournisseur.
- EDF OA — 1,1 c€/kWh (nouveaux contrats), rien à gérer, aucun frais, contrat 20 ans. Simple mais quasi symbolique en revenu.
- Batterie virtuelle — comparez le prix de fourniture, le déstockage, les frais fixes et les crédits réellement utilisés. Il n’existe pas de gain net universel par kWh.
- Batterie physique — comparez l’achat installé, le rendement, la durée de vie et le remplacement. Le secours exige des équipements et un câblage adaptés.
Les pièges à lire dans les conditions générales
- Crédits non monétisables — vos kWh stockés ne seront jamais payés en euros : ils ne servent qu'à effacer des kWh consommés. Un excédent durable ne rapporte rien.
- Crédits perdus au départ — changer de fournisseur ou résilier l'offre efface en général le solde. La clause de résiliation et les conditions d'expiration des crédits sont LA page à lire.
- Plafonds et reports — certaines offres limitent le stockage, imposent une consommation dans un délai donné, ou réinitialisent le compte chaque année : vérifiez les conditions d'expiration.
- Prix de la fourniture — la batterie virtuelle s'ajoute à un contrat d'électricité classique : comparez le prix du kWh et de l'abonnement du fournisseur, pas seulement le service de stockage.
- Surcoût TURPE autoproducteur — une majoration du tarif d'acheminement, spécifique aux producteurs, s'ajoute à l'abonnement (quelques dizaines d'euros par an selon la puissance souscrite).
- Pas d'obligation d'achat en parallèle — le montage remplace EDF OA : vous renoncez au tarif garanti 20 ans et, pour les nouveaux projets, à l'ancien régime plus généreux.
À qui ça convient — et à qui ça ne convient pas
La batterie virtuelle a du sens pour un profil précis : une installation qui produit nettement plus que la consommation diurne (foyers absents la journée, résidences secondaires l'été, installations surdimensionnées), avec assez de consommation réseau le reste de l'année pour absorber les crédits — chauffage ou eau chaude électrique, voiture électrique chargée la nuit.
Elle en a moins pour les installations déjà très autoconsommées (peu de surplus à stocker), les petits consommateurs qui ne videront jamais leur compte, et ceux qui tiennent à rester au tarif réglementé ou chez leur fournisseur actuel. Et si votre projet n'existe pas encore, rappelez-vous que le premier levier reste le dimensionnement : produire juste ce qu'il faut coûte moins cher que stocker l'excédent, virtuellement ou non.
Avant de souscrire, sortez vos courbes Linky : le nombre de kWh réellement injectés sur un an détermine si l'abonnement s'amortit. Cinq minutes de relevés valent mieux qu'une brochure.
Dimensionnez votre batterie
Questions fréquentes
La batterie virtuelle est-elle rentable ?
Cela dépend des crédits que vous pourrez réellement utiliser et du coût total du contrat. Pour une installation de 6 kWc, MyBattery facture 136,80 € TTC par an de service de stockage au tarif d’octobre 2026, avant activation, frais de déstockage et contribution autoproducteur. Comparez une année complète de factures avec et sans l’offre ; il n’existe pas de seuil de surplus valable pour tous les fournisseurs.
Que deviennent mes crédits si je change de fournisseur ?
Ils sont perdus : les kWh stockés virtuellement ne sont ni monétisables ni transférables. C'est la clause la plus importante à vérifier dans les conditions générales — avec les éventuels plafonds et dates d'expiration des crédits.
Puis-je cumuler batterie virtuelle et contrat EDF OA ?
Non. La batterie virtuelle est proposée par un fournisseur d'électricité qui remplace le contrat d'obligation d'achat : votre surplus alimente votre compte de crédits au lieu d'être vendu au tarif réglementé de rachat.
Qui propose des batteries virtuelles en France ?
Urban Solar Energy et mylight150 proposent notamment des offres de stockage virtuel. Comparez le prix du service, celui de la fourniture d’électricité, les frais de déstockage et le sort des crédits à la résiliation. Les formules et leurs conditions diffèrent.
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